Survivre et revivre

J’ai lu cette semaine sur la page Facebook du regroupement Ruban Rose (qui soutient la lutte contre le cancer du sein), si le terme “survivante” était adapté à celles qui ont réussi à vaincre la maladie…..Hummm…Bonne question!  Est-ce que je me considère comme une survivante ou uniquement une battante, une courageuse qui a tout fait (ou presque) pour s’en sortir?  Personnellement, chaque cas de cancer est différent, la personne qui a à se battre ne réagira pas de la même manière, émotionnellement et physiquement parlant.  Sincèrement, je me considère très chanceuse d’avoir eu un cancer de gravité légère et je n’ai pas à me plaindre si je me compare à d’autres.  Mais j’avoue que le terme survivante, c’est un peu gros… En même temps, selon la définition donnée, un survivant est quelqu’un qui survit à une personne ou à un événement ayant fait des victimes.  Malgré cette définition, je trouve que le mot survivante  fait immense, dans mon cas cas à moi.

Pour ceux et celles qui ont 4, 6, 8 traitements de chimiothérapie à subir, 25-30 de radiothérapie, avec qui il va s’en suivre la perte des cheveux, l’enflure dûe à la cortisone, les nausées, les vomissements, la perte de l’appétit ainsi que tous les maux psychologiques qui s’accompagnent à ceux physiques (perte de l’estime de soi, déprime, fatigue mentale, découragement et j’en passe), là oui, je peux donner le terme de survivant à ces hommes et femmes qui se battent jusqu’au bout.  Je ne veux pas dénigrer mon cas mais je n’ai rien eu à comparer ceux-ci.  Ils ont toute mon admiration.

J’ai donné dernièrement mon nom à la Société canadienne du cancer, pour devenir bénévole.  J’ai envie de faire ma petite part dans le combat des personnes malades.  Je ne peux pas changer le monde, ce n’est dans le pouvoir de personne, encore moins dans le mien mais de faire une différence dans le quotidien d’une personne malade, abattue, qui a besoin de compassion, ça, je le peux.  Le un à un est quelque chose qui me rejoint et si je peux par mon expérience de la maladie aider et démontrer que le cancer n’est pas nécessairement la fin de tout, mon bonheur sera le leur.  Je sens que j’ai beaucoup à donner mais encore plus à recevoir.  Je sens que j’ai beaucoup à partager et encore plus à apprendre et à comprendre.  Je sens aussi que si un jour, je deviens bénévole (ce que je souhaite profondément), il y a des journées qui seront difficiles pour mon moral, que la dureté de la maladie ressentie chez l’autre va me rentrer dedans, mais j’ai ce besoin de partage qui prend trop de place dans ma vie présentement et je dois le faire. 

Je me souviendrai toujours des mes propres traitements de radiothérapie que je devais subir.  Certains jours allaient parfaitement, d’autres étaient parfois douleureux et lourds, surtout ceux où je croisais deux petits bonhommes de 7-8 ans, qui se faisaient traiter pour des tumeurs au cerveau.  Ces journées-là étaient très ardues pour moi.  Je voyais les parents qui s’appuyaient, qui essayaient de paraître heureux et souriants mais qui, on se doutait, devaient craquer de toutes parts par en-dedans.  Je refoulais souvent mes larmes ces journées-là et c’était à ces moments-là que je me disais que ce que je vivais n’était rien à comparer ces deux petits garçons pour qui leurs vies ne tenaient qu’à un fil. 

Ce sont ces épreuves qui m’ont aidé à devenir plus forte.  Ces petits bonhommes qui couraient partout dans la salle d’attente, ce monsieur qui ne pouvait même plus avaler à cause de sa gorge asséchée par la radio, ces femmes sans cheveux aux foulards noués sur la tête, ces jeunes hommes en béquille, ce petit bébé d’a peine 1 an, plein de tubulures, couché sur une civière.  Ils avaient tous le regard du combattant, sûrement comme le mien, avec la conviction que nous allions tous devenir des survivants.

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Une réponse à Survivre et revivre

  1. Jacques Perreault dit :

    Bonjour Annie
    J’ai travaillé une bonne dizaine d’années en oncologie.
    J’ai vu tout plein de scénarios différents…Souvent à l’époque (années 80) le dépistage avait une coche en retard et les délais qui en résultaient s’accompagnaient souvent d’une perspective pessimiste. Si certaines personnes avait l’acceptation du mal qui les envahissait et des évidences qu’il fallait accepter…Inévitables qu’elles étaient!
    D’autres par contre! Étaient absolument incapables d’accepter leur état…Particulièrement quand leur mal n’offrait plus aucune issue possible! Et que derrière elles….L’amour de leur vie leur survivait orphelin!
    De toutes celles que j’ai vu….Aucune façon de partir n’est plus triste que celle-là!

    Je suis heureux pour toi Annie! Et pour toute ta famille que tu ais évité un tel scénario!

    Mais je te rends hommage pour le courage et l’acceptation dont tu as fait preuve au cours de la maladie qui t’as affecté! Rarement j’ai pu deviné une personne plus à même que toi Annie…Capable d assumer sa nouvelle realite.

    D entendre aujourd hui que tu souhaites aider de ton vecu les personnes atteintes du meme mal….Devant toi je m incline et je t applaudis….Mon amie

    (excusez la ponctuation des dernieres lignes….Mon ordi fait la gueule)

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