Lettre à mon corps.

Depuis plus de deux ans, on se bat ensemble.  Depuis cette journée grise d’octobre 2009, cette journée où j’ai su que tu avais laissé entrer cette cochonnerie en nous et qu’en plus, tu avais aidé à la développer.  Tu sais, je ne peux m’empêcher de vivre cet évènement comme une trahison, un véritable coup bas.  J’ignore tes raisons.  Je sais que je n’ai pas toujours fait attention à toi.  Je t’ai souvent malmené mais pour m’en vouloir  à ce point?  Est-ce une réponse de toi au fait que je n’ai pas toujours accepté ce que nous sommes ensemble?  J’avoue t’avoir blessé, affamé, poussé aux limites de la fatigue mais tu me l’as bien rendu.  Tu m’as aidé à donner vie à trois beaux enfants, nous les avons nourri, fait grandir, tu m’aides à gagner ma vie en me donnant les talents pour faire le plus beau métier à mes yeux, ce qui fait que je suis fière de nous mais j’ai l’impression que tu m’en veux.

J’aimerais bien que nous fassions la paix aujourd’hui.  Que je puisse reprendre confiance en toi, qu’au moindre petit bobo ou douleur, je ne m’imagine pas le pire et que tu as fait revenir ce crabe au creux de nous.  Chaque jour est un apprentissage vers cette confiance, cette connaissance que j’ai de toi.  Je vis ces moments comme des victoires, si minimes soient-elles.  Je veux que nous prenions soin de nous, mutuellement.

Je ne crois pas que tu aimes à me savoir triste.  Je ne crois pas que tu aimes que je pleure.  Encore moins que je te fasse subir le stress qui m’habite à chaque rendez-vous chez les médecins.  Cette dernière fois où je me suis retrouvée seule, seins nus, sur la table avec la machine à échographie à mes côtés et où je voyais cette tâche noire entourée sur l’écran.  Comment veux-tu que je me sente bien et que ça ne se répercute pas sur toi?  Je n’aime pas avoir peur de ce que tu peux me ramener.  Mais je sais que la journée où tu décideras que ce sera terminé pour nous deux, je n’aurai d’autres choix que de te laisser faire.  Est-ce que ça peut attendre encore, juste un peu?

Tu fais de moi quelqu’un de fort, de tenace.  Ensemble, nous sommes capables de recevoir et de donner du plaisir, de l’affection, des soins.  Rire, aimer, accepter.  J’ai changé l’espace où nous vivons pour que tu te sentes bien à l’air qu’on y respire, prendre le temps de s’y reposer, d’expulser hors de nous ces pollutions de la vie.  J’essaie de te faire bouger, de te faire voir le monde qui nous entoure et que tu t’y éveilles.  J’aime ce que nous sommes devenus maintenant, le miroir reflète, à mes yeux, quelque chose de beau.  Je veux faire attention à toi mais fais pareil pour moi et on se le rendra bien.  La vie sera longue et douce entre nous deux, comme un vieux couple amoureux, heureux d’être ensemble même sous les jours gris. Et chaque jour je te remercierai du bien-être que nous nous apporterons.

Merci. Belle vie à toi, à moi, à nous.

 

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Lettre à mon corps.

Depuis plus de deux ans, on se bat ensemble.  Depuis cette journée grise d’octobre 2009, cette journée où j’ai su que tu avais laissé entrer cette cochonnerie en nous et qu’en plus, tu avais aidé à la développer.  Tu sais, je ne peux m’empêcher de vivre cet évènement comme une trahison, un véritable coup bas.  J’ignore tes raisons.  Je sais que je n’ai pas toujours fait attention à toi.  Je t’ai souvent malmené mais pour m’en vouloir  à ce point?  Est-ce une réponse de toi au fait que je n’ai pas toujours accepté ce que nous sommes ensemble?  J’avoue t’avoir blessé, affamé, poussé aux limites de la fatigue mais tu me l’as bien rendu.  Tu m’as aidé à donner vie à trois beaux enfants, nous les avons nourri, fait grandir, tu m’aides à gagner ma vie en me donnant les talents pour faire le plus beau métier à mes yeux, ce qui fait que je suis fière de nous mais j’ai l’impression que tu m’en veux.

J’aimerais bien que nous fassions la paix aujourd’hui.  Que je puisse reprendre confiance en toi, qu’au moindre petit bobo ou douleur, je ne m’imagine pas le pire et que tu as fait revenir ce crabe au creux de nous.  Chaque jour est un apprentissage vers cette confiance, cette connaissance que j’ai de toi.  Je vis ces moments comme des victoires, si minimes soient-elles.  Je veux que nous prenions soin de nous, mutuellement.

Je ne crois pas que tu aimes à me savoir triste.  Je ne crois pas que tu aimes que je pleure.  Encore moins que je te fasse subir le stress qui m’habite à chaque rendez-vous chez les médecins.  Cette dernière fois où je me suis retrouvée seule, seins nus, sur la table avec la machine à échographie à mes côtés et où je voyais cette tâche noire entourée sur l’écran.  Comment veux-tu que je me sente bien et que ça ne se répercute pas sur toi?  Je n’aime pas avoir peur de ce que tu peux me ramener.  Mais je sais que la journée où tu décideras que ce sera terminé pour nous deux, je n’aurai d’autres choix que de te laisser faire.  Est-ce que ça peut attendre encore, juste un peu?

Tu fais de moi quelqu’un de fort, de tenace.  Ensemble, nous sommes capables de recevoir et de donner du plaisir, de l’affection, des soins.  Rire, aimer, accepter.  J’ai changé l’espace où nous vivons pour que tu te sentes bien à l’air qu’on y respire, prendre le temps de s’y reposer, d’expulser hors de nous ces pollutions de la vie.  J’essaie de te faire bouger, de te faire voir le monde qui nous entoure et que tu t’y sentes bien.  J’aime ce que nous sommes devenus maintenant, le miroir reflète, à mes yeux, quelque chose de beau.  Je veux faire attention à toi mais fais pareil pour moi et on se le rendra bien.  La vie sera longue et douce entre nous deux, comme un vieux couple amoureux, heureux d’être ensemble même sous les jours gris. Et chaque jour je te remercierai du bien-être que nous nous apporterons.

Merci. Belle vie à toi, à moi, à nous.

 

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Bonheur simple.

J’ai dans la tête, depuis hier soir, cette phrase du livre de Dany Laferrière, L’art presque perdu de ne rien faire: “Et c’est cela à mon avis le seul sens à trouver à sa vie: trouver son bonheur sans augmenter la douleur du monde.” Citation qui me touche, qui en dit long sur ce que je veux faire dans ce monde qui est difficile à suivre.

Je crois que nous cherchons tout et rien à la fois.  Du plaisir, du confort, du surplus, du temps. On choisit selon nos désirs, rarement selon nos besoins.  Je n’aime pas tout ce qu’il y a de trop, partout. Trop de bruit, trop de stress, trop d’exigences.  J’aime laisser le temps passer, sans en sentir le moindre remord à ne pas l’avoir rempli d’une activité quelconque.  Le plaisir de flâner, de reposer son esprit, de garder le silence.

Je ne gagne pas beaucoup d’argent.  De cet argent, je le garde pour payer l’épicerie, payer ma petite maison, rarement pour du superflu.  De cet argent, je pourrais en mettre de côté pour me payer un voyage, un écran plat,une nouvelle plus grosse voiture, des vêtements que je ne porterais pas mais je ne veux pas me serrer la ceinture une fois de plus dans ma vie.  Et je veux me garder du temps sans travailler, pour me donner ce temps de voir des amis, de marcher au bord du fleuve, de faire la sieste, parfois, l’après-midi, quand le besoin se fait sentir. Je ne suis pas malheureuse de n’être pas riche, au contraire.  Je me permet de vivre au rythme du temps, sans encombre, sans extra, ces encombres qui ne font pas de moi quelqu’un de plus brillant, plus créatif, plus intelligent.

Je regardais l’autre jour mon étagère à serviette de bain et de draps, en faisant du ménage.  Je n’ai aucun de ceux-là tout coordonnés, aucune serviette qui est de la même couleur et grandeur que l’autre.  J’ai ramassé ce que j’ai pu au cours des années, j’en ai acheté un peu mais pour terminer avec mon exemple, je me fous si je dois avoir les serviettes Martha Stewart, toutes pareilles, de la même couleur, assorties aux murs de ma salle de bain.  Je préfère être dans mes draps un peu tout croches, collée sur mon amoureux, que seule ou malheureuse dans un immense lit avec des milliers d’oreilles et des couettes de plume. Pour moi, mon étagère représentait presque toute ma vie. De la différence, du confort, un peu de désordre et de la simplicité. Comme pour ma maison, petite mais dans laquelle je sens pleine d’amour, où je m’y sens comme dans un cocon avec mes garçons et mon homme. Où je suis toujours heureuse de m’y retrouver. Ce n’est pas décoré au goût du jour, mes meubles sont dépareillés, quelques fois (souvent!) en désordre mais je n’ai pas peur que les enfants y brisent quelque chose. Nous sommes loin d’une maison de revue de décoration mais je m’en fout littéralement.  Il n’y aurait pas plus de bonheur dans ma maison parce que j’ai de la tapisserie sur les murs ou un frigo en innox.

Peut-être que je suis quelqu’un sans envergure.  Je manque peut-être d’ambition.  Je ne cherche pas à voyager à travers le monde, je ne vais pas voir 50 spectacles par année, ne m’achète pas de super vins et je vais encore moins au restaurant. Souvent, c’est parce que je n’en ai pas les moyens mais les avoir, je ne crois pas que je le ferais plus. J’aime vivre de choses simples et je ne m’en cache pas.  Pour moi, il n’y a rien qui remplace le temps que j’ai, celui où je peux aller dehors, lire, dormir, aimer.  Prendre le temps d’être avec mon monde, mes amis, connecter avec mon univers. Ici, je ne consomme pas car il n’y a pas les tentations que je pourrais ravoir en ville.  Au lieu de courir les magasins, je vais voir le fleuve, prendre un café avec une amie, bientôt, je sortirai pour aller arracher des mauvaises herbes dans mon jardin. Je ne suis pas riche d’argent, j’en suis même plutôt pauvre mais je suis riche, de bonheur et de temps. Et pour en revenir à la phrase de Dany Laferrière, en demandant moins de ce qui nous entoure, chacun aurait le temps pour son propre bonheur. Et du bonheur acquis, nous en serions heureux.  Le mien est fait de choses simples et je n’ai pas envie de le changer. Je crois bien qu’il est l’heure pour moi maintenant de laver mes draps et de les mettre sur la corde à linge et d’avoir le bonheur de m’y endormir ce soir avec l’odeur fraîche du vent et celle de la peau chaude de mon amoureux.

 

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Des mots…

Matin de fin janvier…les nuages sont gorgés de gris.

J’entend encore des mots qui résonnent dans ma tête, comme un écho sans fin.  Qui fragilise comme du verre certains côtés de moi.  Une blessure au coeur, une faille dans ma confiance.

Je suis peinée, attristée.  Le temps gris coule sur moi.  Je préfèrerais le soleil.

J’ai besoin d’avoir mal ailleurs que dans ma tête. Comme cette douche où l’eau si chaude brûle ma peau, comme ces aiguilles qui piquent mes doigts quand je travaille. 

Le temps va passer et faire que la blessure se referme et ne laisse qu’une minime cicatrice.

Et je t’aime.

 

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C’est tout blanc dehors.  La première neige est tombée sur Trois-Pistoles.  J’ai trois petits bonhommes tout heureux que l’hiver arrive.  J’ai hâte de leur voir leurs joues rougies par le froid à avoir jouer dehors.  Après deux ans d’hiver en ville, plutôt sale, moins neigeux et désordonné, j’ai hâte aux grosses tempêtes du coin, des pieds de neige qui s’accumulent et du froid intense.  Je vais me réconcilier avec l’hiver.

Le temps passe à la vitesse éclair.  Noël s’en vient, période que j’ai rarement aimé, depuis que je suis toute jeune.  Trop d’obligation pour tout, d’être fin, d’être riche pour acheter des cadeaux qu’on a même pas envie de donner, de courir partout pour acheter ces cadeaux.  Et depuis que je suis séparée, Noël a encore moins de signification pour moi.  Tu prends les enfants là, je les prends pour le Jour de l’An, c’est ton tour cette année….les joies des couples qui s’effritent…mais bon, on fait avec les moyens du bord.  Au moins, je profiterai de la neige avec mes garçons, pour nous ce sera l’occasion de jouer dehors et de s’oxygèner.  Ce ne sera pas Noël mais des vacances d’hiver.

J’ai envie de m’emmitoufler dans ma maison pour les fêtes, de recevoir tous mes amis et de jaser, de fêter autre chose que les fêtes de Noël et du Nouvel An.  Je veux juste être bien entourée et de sentir les gens heureux d’être ensemble.  Pas de cadeaux, pas de présents.  Celui que la vie nous donne est déjà bien assez gros comme ça.  Chanceux ceux qui l’apprécient, tristes ceux qui courent après leur bonheur.

Un peu de mélancolie en cette première neige sur Trois-Pistoles.  Ça arrive.  Je vois les fêtes arriver et je n’aime pas ça.  Comme à chaque année, je m’en passerais.  Mais bon, de dire qu’on aime pas Noël fait qu’on passe pour des sans-coeur.  Ce que je crois ne pas être.  Bientôt, j’irai peut-être passer Noël sur une jolie plage de sable chaud ou dans un gîte en montagne, autour d’un poêle à bois.  Si y’en a des intéressé(e)s, vous me le ferez savoir d’avance!

Pour finir sur une note plus douce…un peu de poésie, ce que j’écris de moins en moins.  Paraît-il que je devrais.

“Pose tes yeux sur moi
Pose ta tête en moi
Doucement doucement
Nous serons le jour qui se lève.

Glisse ta caresse sur moi
Glisse ta sève en moi
Lentement lentement
Nous serons la nuit qui s’achève.”

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Pour vous, Monsieur Layton.

Mon amour m’a annoncé la nouvelle de votre mort, ce matin, pendant que je déjeûnais.  J’ai tout de suite les larmes qui me sont montées aux yeux….et qui n’ont pas arrêté de couler tout au long de l’avant-midi.  J’ai eu cette grosse peine qui m’a enveloppé.  J’ai pensé à vous et à l’homme que vous êtes et j’ai pleuré.

Les gens ne comprendront sûrement pas pourquoi votre départ m’affecte autant.  Vous êtes pour moi un symbole de force, un combattant.  Vous êtes pour moi quelqu’un qui n’a pas plié  devant le malheur et le désespoir.  La maladie ne vous a pas fait peur et vous vous êtes battu contre elle.

Mais elle a gagné…le cancer a pris le dessus sur votre corps d’homme.  Sauvagement, il a pris toute la place, ne vous laissant plus aucun espace pour respirer, bouger, vivre.

Votre tête devait vouloir se battre encore et encore jusqu’à la guérison.  Votre corps lui, se fatiguait.  Et sans paraître pour un faible, vous avez baissé les bras, fermé les yeux….et vous êtes parti….

Vos idées, vos valeurs, vos convictions ont gravé des sillons profonds dans mon coeur et dans ma tête.  Votre courage est ancré en moi pour me battre chaque jour.  Vous êtes mon exemple à suivre.  Je garderai la tête haute et l’espoir en pensant à vous.  Et le jour où mon corps ne suivra plus lui aussi, quand je baisserai les bras et fermerai les yeux…..vous serez avec moi.

Vous avez baissé les bras, fermé les yeux et vous êtes parti….trop tôt.  Bon voyage Monsieur Layton.

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À tous les Jack Layton de la terre….

Bizarre comme titre, vous trouvez?  Moi je ne trouve pas.  Parce que je m’identifie à cet homme qu’est Jack Layton.  Cet homme à qui on a rediagnostiqué un cancer, une récidive.  Ce qui fait peur à toutes personnes qui a eu un cancer.  Vous ne pouvez même pas vous imaginez cette crainte qui nous habite chaque jour que le soleil se lève, ce poids que l’on porte sur nos épaules…

J’ai rarement été fâché par rapport à la maladie.  Je me suis toujours dit que si j’avais eu cette tumeur dans mon sein droit, c’est que le destin était écrit comme ça.  Car vous savez, je pense n’avoir rien fait pour que ça arrive, tout comme Jack, qui je crois, a une vie qui semble active (il est, parait-il, le plus assidu à la salle de gym de l’Assemblée Nationale), il est en forme, il est mince, ne fume pas, est peut-être même végétarien, positif et combatif dans la vie, sûrement très heureux.  Et voyez ce qu’il lui arrive…..ce foutu cancer qui lui saute dessus, vorace, sournois, malsain…..qui s’attaque aux plus faibles mais à ceux qui font tout pour que ça n’arrive pas….Je crois être de ceux là….je n’ai jamais fumé, jamais bu outre-mesure, j’ai eu trois grossesses, trois allaitements, un poids santé, manger comme il faut, active…..et voilà qu’un jour, PAF! un cancer…..impossible de faire la paix avec ça ces temps-ci.  Je suis fâchée.

Si on compare un cardiaque avec un survivant du cancer, celui qui a eu des problèmes avec son coeur a des chances de bien s’en sortir s’il perd du poids, arrête de fumer, mange moins de sel, fait de l’excercice.  S’il met toutes les chances de son bord, son taux de survie est presque de 100%.  Pour un survivant du cancer, peut importe ce qu’il va faire, et ce pour le restant de ses jours, il va devoir vivre avec un risque de récidive….un jeu de roulette russe à chaque respiration.  Et je vous met au défi de ne pas avoir peur, pour votre santé et pour votre vie.

Ces temps-ci, j’ai peur, crissement peur.  Si ça arrive à Jack Layton, ça peut m’arriver à moi aussi.  La nouvelle de sa récidive m’a complétement chamboulé.  J’en ai même pleuré.  À chaque fois que j’entend parler de cancer, de gens jeunes et en santé qui en sont atteints, la peur de rechute me tombe dessus comme une tonne de brique.  Jack Layton représente pour moi la force, le combat et de le savoir atteint comme il est, c’est dramatique.  J’ai toujours eu du respect pour lui en tant qu’homme politique, mon respect a maintenant quadruplé pour lui en tant qu’homme malade.

J’aurais aimé que cette maladie ne m’atteigne jamais.  Je suis prise avec ça jusqu’à la fin de mes jours, même dans mon quotidien.  Que mes assurances ne veulent pas me couvrir, que je ne pourrai jamais donner de sang, encore moins mes organes, des petits gestes qui me ramènent la maladie en plein visage.  J’ai beau vouloir être forte mais la colère prend le dessus.  J’ai dans ma tête tous les Jack Layton qui ne mériteront jamais ce mal, qui se battront jour après jour.  Et j’essaie de transformer cette colère en apaisement mais le travail est long et ardu.

À tous les Jack qui se battent pour leur survie.
À tous les Jack que je pleurerai.  RESPECT.

 

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Nouvelle vie

Je viens de déménager mon petit univers dans le bas Saint-Laurent.  L’installer dans une coquette petite maison qui nous appartient.  J’ai quitté la grande ville qu’est Montréal pour aspirer à la tranquilité et l’apaisement d’un petit endroit serein.  Ça ne fait qu’un peu plus d’une semaine que j’y suis installée que je m’y sens déjà bien mais surtout chez moi.  Il me reste beaucoup de choses à découvrir de cet endroit mais j’ai un bout de chemin de fait.  J’y connais des gens merveilleux, humains, accueillants mais surtout ultra-sympathiques.  Je sens que je fais déjà partie de la “gang” et ça fait du bien, surtout quand on arrive d’un endroit où plus souvent qu’à son tour, on se sent anonyme.

J’ai maintenant le fleuve comme voisin, au lieu de ruelles sales.  J’ai l’air salé à respirer, plutôt que le smog et la poussière.  J’ai du temps, beaucoup de temps, plutôt que de me dépêcher tout le temps.  J’ai de l’espace à revendre, au lieu de me sentir prise et angoissée.  Et j’ai mon chez-moi, à moi.  Mon jardin, mon petit coin de gazon, une maison pleine de lumière.  J’avais déjà connu ce bonheur avant de partir pour Montréal, par choix je l’avais quitté mais durant ces deux années de vie urbaine, j’y repensais tous les jours.  Le printemps était le moment le plus critique, le moment où on prépare la terre pour le potager, où on arrange notre dehors pour y vivre une partie de l’été.  Tout ça m’avait terriblement manqué en ville.  J’ai maintenant ma petite maison, dont je prendrai grand soin et faire en sorte que les gens qui y viendront se sentiront comme chez eux.

C’est certain qu’il y aura des journées où je sentirai le besoin de voir l’effervescence de la ville, cette animation sans fin, ce brassement de foule qui est quand même nécessaire à mon équilibre vital.  Des journées où je m’ennuierai dans ma petite maison, où cette envie de traffic et de grands buildings sera plus forte que tout.  Dans ce temps-là, soit je prendrai ma voiture et ferai de la route pour me lancer dans l’urbanité, soit j’écouterai en boucle cette chanson de Fred Pellerin, et me convainquerai que c’est dans ma petite ville longeant le Saint-Laurent, que je suis bien:

Là-bas, la neige est brune
Icitte, la neige est bleue
Là-bas, tout le monde connait personne
Icitte, tout le monde en connaît deux
Nous z’autres on prend le temps de rouler avec nos chars
Là-bas, même à pieds, ça prend un criard
Il pousse pas d’arbre où tu peux pisser
Là-bas, y’a pas de vache qui te regarde passer
Là-bas, y’a pas long de ciel à regarder

Là-bas, le temps coûte cher,
Icitte, t’as ça gratis
Tu pourrais presquement tout faire
Faire un grand bout avec un dix
T’as toujours un chum qui travaille au bar
C’est même pas ta fête pis il t’envoèye un fort
Y a pas de parking où il faut payer
Mais t’as une maudite grande cour à déblayer
Faque j’vas me recoucher puis j’attend l’été

Depuis ce temps je dors
Au volant de mon char
De ma campagne à Ma-Réal
J’échangerais mon char pour un cheval
Chus-tu réveillé ou ben si je dors?
J’sais pas si j’Arrive ou ben si je pars
Chus tellement habitué de l’faire sur les deux bords
J’me réveille en ville en plein cauchemar
J’rentre dans un bar puis j’m'achète un fort, encore….

Là-bas, de Fred Pellerin, tiré du disque Silence

J’irai peut-être en ville pour mieux revenir ici.  Pour me réconcilier avec une vie tranquille.  Pour voir mes enfants courir dans la rue sans avoir à les surveiller, pour respirer le fleuve et son horizon et enfin, voir des étoiles au-dessus de ma tête.

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Survivre et revivre

J’ai lu cette semaine sur la page Facebook du regroupement Ruban Rose (qui soutient la lutte contre le cancer du sein), si le terme “survivante” était adapté à celles qui ont réussi à vaincre la maladie…..Hummm…Bonne question!  Est-ce que je me considère comme une survivante ou uniquement une battante, une courageuse qui a tout fait (ou presque) pour s’en sortir?  Personnellement, chaque cas de cancer est différent, la personne qui a à se battre ne réagira pas de la même manière, émotionnellement et physiquement parlant.  Sincèrement, je me considère très chanceuse d’avoir eu un cancer de gravité légère et je n’ai pas à me plaindre si je me compare à d’autres.  Mais j’avoue que le terme survivante, c’est un peu gros… En même temps, selon la définition donnée, un survivant est quelqu’un qui survit à une personne ou à un événement ayant fait des victimes.  Malgré cette définition, je trouve que le mot survivante  fait immense, dans mon cas cas à moi.

Pour ceux et celles qui ont 4, 6, 8 traitements de chimiothérapie à subir, 25-30 de radiothérapie, avec qui il va s’en suivre la perte des cheveux, l’enflure dûe à la cortisone, les nausées, les vomissements, la perte de l’appétit ainsi que tous les maux psychologiques qui s’accompagnent à ceux physiques (perte de l’estime de soi, déprime, fatigue mentale, découragement et j’en passe), là oui, je peux donner le terme de survivant à ces hommes et femmes qui se battent jusqu’au bout.  Je ne veux pas dénigrer mon cas mais je n’ai rien eu à comparer ceux-ci.  Ils ont toute mon admiration.

J’ai donné dernièrement mon nom à la Société canadienne du cancer, pour devenir bénévole.  J’ai envie de faire ma petite part dans le combat des personnes malades.  Je ne peux pas changer le monde, ce n’est dans le pouvoir de personne, encore moins dans le mien mais de faire une différence dans le quotidien d’une personne malade, abattue, qui a besoin de compassion, ça, je le peux.  Le un à un est quelque chose qui me rejoint et si je peux par mon expérience de la maladie aider et démontrer que le cancer n’est pas nécessairement la fin de tout, mon bonheur sera le leur.  Je sens que j’ai beaucoup à donner mais encore plus à recevoir.  Je sens que j’ai beaucoup à partager et encore plus à apprendre et à comprendre.  Je sens aussi que si un jour, je deviens bénévole (ce que je souhaite profondément), il y a des journées qui seront difficiles pour mon moral, que la dureté de la maladie ressentie chez l’autre va me rentrer dedans, mais j’ai ce besoin de partage qui prend trop de place dans ma vie présentement et je dois le faire. 

Je me souviendrai toujours des mes propres traitements de radiothérapie que je devais subir.  Certains jours allaient parfaitement, d’autres étaient parfois douleureux et lourds, surtout ceux où je croisais deux petits bonhommes de 7-8 ans, qui se faisaient traiter pour des tumeurs au cerveau.  Ces journées-là étaient très ardues pour moi.  Je voyais les parents qui s’appuyaient, qui essayaient de paraître heureux et souriants mais qui, on se doutait, devaient craquer de toutes parts par en-dedans.  Je refoulais souvent mes larmes ces journées-là et c’était à ces moments-là que je me disais que ce que je vivais n’était rien à comparer ces deux petits garçons pour qui leurs vies ne tenaient qu’à un fil. 

Ce sont ces épreuves qui m’ont aidé à devenir plus forte.  Ces petits bonhommes qui couraient partout dans la salle d’attente, ce monsieur qui ne pouvait même plus avaler à cause de sa gorge asséchée par la radio, ces femmes sans cheveux aux foulards noués sur la tête, ces jeunes hommes en béquille, ce petit bébé d’a peine 1 an, plein de tubulures, couché sur une civière.  Ils avaient tous le regard du combattant, sûrement comme le mien, avec la conviction que nous allions tous devenir des survivants.

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lundi matin silencieux

C’est le début de la semaine de relâche, les enfants sont en congé mais ne sont pas à la maison.  Ils sont chez leurs grands-parents jusqu’à mercredi.  Je ne pouvais pas me permettre de prendre une semaine sans travailler, financièrement parlant, ça me mettrait dans le trouble.  Je trouve ça triste par contre de ne pas pouvoir passer ce temps avec eux.  La maison est vide ce matin, il n’y a aucun bruit à part les chats qui font la course.  Je n’ai aucune demande de verre de jus, pas de chamaillage, pas de LEGO qui brassent dans le bac en plastique. 

Ça me fait toujours du bien de passer du temps sans mes enfants.  Je me permet de me reposer, de faire des choses que je ne me permettrais pas s’ils y étaient mais en même temps, j’aimerais qu’ils soient avec moi.  De les savoir loin, que ce n ‘est pas moi qui les protège, qui s’en occupe, ça me fait toujours un petit quelque chose au coeur.  Ça doit être mon côté maman tigresse qui prend le dessus j’imagine….celui qui ferait en sorte que je me battrais bec et ongle pour leur protection et leur bien-être.

Ils sont drôles mes trois garçons.  Ils me font fâcher mais ils réussissent à me faire rire quand ils disent une niaiserie.  Ils ont le don de me faire sortir de mes gonds quand ce n’est pas le temps.  Ce matin, je m’ennuie d’eux.  Du vacarme qu’ils font, de l’air qu’ils déplacent.  C’est ma machine à coudre qui va m’accompagner toute la journée, elle ne me demandera rien elle, elle ne me dérangera pas comme un petit bout d’chou qui a faim et qui en ai à sa troisième collation.  Me semble que ce matin, j’aimerais bien entendre un “maman” au loin.  Même mon chum ne fait pas de bruit ce matin, occupé dans ces affaires de manif et de contestation de gaz de schiste.

Bon…..je vais donc aller tenir compagnie à ma machine à coudre.  C’est pour elle que j’ai fait garder mes gripettes, elle est mieux de ne pas chômer.

Y’a pas quelqu’un qui a un nez à moucher ce matin? :)

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